Auto-entrepreneur 2026 : le guide complet du débutant
Facturer, déclarer son CA, comprendre ses cotisations, sa TVA, son impôt, sa retraite et sa protection sociale. Tous les taux et seuils 2026, avec exemples chiffrés et sources officielles.
Vous venez de créer votre auto-entreprise (officiellement « micro-entreprise ») ou vous envisagez de vous lancer ? Ce guide réunit tout ce que vous devez maîtriser pour gérer sereinement votre activité : émettre des factures conformes, déclarer votre chiffre d’affaires, comprendre vos cotisations, votre TVA, votre impôt, ainsi que vos droits à la retraite et à l’assurance maladie.
Tous les taux, seuils et exemples sont à jour pour 2026, avec les sources officielles et des cas chiffrés détaillés.
1. Le statut auto-entrepreneur en bref
L’auto-entrepreneur est une forme simplifiée de l’entreprise individuelle. Elle repose sur deux régimes combinés :
- Le régime micro-fiscal (art. 50-0 et 102 ter du CGI) : votre bénéfice imposable est calculé forfaitairement, après un abattement appliqué à votre chiffre d’affaires.
- Le régime micro-social (art. L613-7 du CSS) : vos cotisations sociales sont calculées en appliquant un taux fixe à votre chiffre d’affaires encaissé.
Le principe fondateur : pas de chiffre d’affaires, pas de charges
Vos cotisations et votre impôt sont calculés sur le chiffre d’affaires réellement encaissé — c’est-à-dire les sommes effectivement reçues, et non les factures émises. Si vous n’encaissez rien sur une période, vous ne payez aucune cotisation (mais vous devez tout de même déclarer un CA à 0 €).
2. Les seuils à connaître en 2026
Le statut auto-entrepreneur est plafonné. Deux séries de seuils coexistent et ne doivent pas être confondues : les seuils du régime micro (qui conditionnent le maintien du statut) et les seuils de TVA (qui déclenchent la facturation de la TVA).
Les plafonds de chiffre d’affaires du régime micro
| Type d’activité | Plafond de CA annuel 2026 |
|---|---|
| Vente de marchandises, fourniture de logement | 203 100 € |
| Prestations de services (BIC / BNC) | 83 600 € |
Les seuils de franchise de TVA (inchangés en 2026)
| Type d’activité | Seuil de base | Seuil majoré |
|---|---|---|
| Vente de marchandises, logement | 85 000 € | 93 500 € |
| Prestations de services | 37 500 € | 41 250 € |
3. Comment facturer correctement
La facture est un document légal obligatoire. Une facture incomplète ou non conforme vous expose à des sanctions et complique le recouvrement en cas d’impayé. Voici les mentions exigées.
Les mentions obligatoires d’une facture
Toute facture doit comporter, en application des articles L441-9 du Code de commerce et 242 nonies A de l’annexe II du CGI :
- La date d’émission et un numéro unique séquentiel (sans rupture dans la numérotation)
- Votre identité : nom, prénom, adresse, numéro SIREN/SIRET, mention « EI » (entrepreneur individuel)
- L’identité du client : nom et adresse (et numéro SIRET si professionnel)
- La date de la vente ou de la prestation
- La désignation précise des produits ou services, la quantité et le prix unitaire HT
- Le montant total à payer
- Les conditions de règlement : date d’échéance, taux des pénalités de retard, indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 €
La mention TVA spécifique aux auto-entrepreneurs
Tant que vous bénéficiez de la franchise en base, vous ne facturez pas de TVA. Vous devez faire figurer la mention obligatoire : « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Vous ne facturez aucune TVA et ne récupérez pas celle de vos achats.
La facturation électronique : le calendrier 2026-2027
La réforme de la facturation électronique entre en vigueur progressivement. Pour les échanges entre professionnels (B2B) :
- À partir de septembre 2026 : toutes les entreprises, y compris les auto-entrepreneurs, doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques. Les auto-entrepreneurs assujettis à la TVA devront aussi émettre leurs factures via une plateforme de dématérialisation partenaire (PDP).
- Déploiement progressif de l’émission : l’obligation d’émettre s’étend ensuite à toutes les entreprises selon un calendrier échelonné. Anticipez en choisissant dès maintenant un outil compatible PDP.
4. La TVA : franchise, dépassement et basculement
La franchise en base de TVA (art. 293 B du CGI) vous dispense de facturer la TVA tant que votre CA reste sous les seuils. Mais que se passe-t-il en cas de dépassement ?
Le mécanisme de basculement
| Situation | Conséquence TVA |
|---|---|
| Sous le seuil de base (85 000 € / 37 500 €) | Franchise maintenue, aucune TVA |
| Entre seuil de base et seuil majoré | Franchise l’année du dépassement, redevable au 1er janvier suivant si le dépassement se confirme |
| Au-delà du seuil majoré (93 500 € / 41 250 €) | Redevable dès le 1er jour du mois de dépassement |
Claire, consultante en marketing (BNC), facture 3 800 € HT par mois. En octobre, son CA cumulé atteint 41 800 €, dépassant le seuil majoré de 41 250 €.
Dès ce mois, Claire doit facturer 20 % de TVA, la collecter et la reverser. Les factures d’octobre déjà émises sans TVA doivent être régularisées auprès de ses clients.
5. Déclarer son chiffre d’affaires
Où et quand déclarer
La déclaration se fait sur le portail autoentrepreneur.urssaf.fr, selon la périodicité choisie à la création :
- Mensuelle : vous déclarez le CA du mois avec un décalage (le CA de janvier se déclare fin février).
- Trimestrielle : vous déclarez le CA du trimestre écoulé.
Vous déclarez uniquement le CA encaissé (les sommes réellement reçues), pas les factures émises non encore payées. L’URSSAF prélève ensuite directement les cotisations sur votre compte.
Les sanctions en cas d’oubli
| Manquement | Sanction |
|---|---|
| Déclaration manquante | Pénalité forfaitaire de 58,60 € par déclaration non transmise |
| Déclaration en retard | Majoration de 5 % des cotisations dues, + 0,4 % par mois de retard |
| Absence prolongée (24 mois) | Radiation automatique du régime micro-social (art. L613-4 CSS) |
6. Les cotisations sociales en 2026
Vos cotisations sociales sont calculées en appliquant un taux fixe à votre CA encaissé. Ce taux varie selon votre activité et a évolué au 1er janvier 2026.
Les taux de cotisations 2026 par activité
| Activité | Taux 2026 |
|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 12,3 % |
| Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) | 21,2 % |
| Professions libérales non réglementées (BNC) | 25,6 % |
| Professions libérales réglementées (CIPAV) | 23,2 % |
Exemple — 3 activités, 3 000 € de CA mensuel
| Activité | Calcul | Cotisations |
|---|---|---|
| Vente | 3 000 € × 12,3 % | 369 € |
| Prestation de service (BIC) | 3 000 € × 21,2 % | 636 € |
| Profession libérale (BNC) | 3 000 € × 25,6 % | 768 € |
Ce que financent vos cotisations
Contrairement à une idée reçue, vos cotisations ne sont pas perdues : elles financent une protection sociale réelle — retraite de base et complémentaire, assurance maladie-maternité, invalidité-décès, ainsi que la CSG-CRDS. La répartition a été revue au 1er janvier 2026 pour renforcer la part retraite.
La réduction ACRE — le changement de juillet 2026
L’ACRE (Aide à la Création ou Reprise d’Entreprise) réduit vos cotisations sociales la première année. Le décret n° 2026-69 du 6 février 2026 en a modifié le taux :
| Période de création | Exonération de cotisations |
|---|---|
| Jusqu’au 30 juin 2026 | 50 % |
| À compter du 1er juillet 2026 | 25 % |
7. Votre retraite d’auto-entrepreneur
En cotisant, vous validez des trimestres de retraite et accumulez des points de retraite complémentaire. Mais attention : la validation dépend de votre chiffre d’affaires. Un CA trop faible ne valide pas 4 trimestres par an.
La validation des trimestres en 2026
Pour valider des trimestres, vous devez déclarer un CA minimum. Les seuils sont indexés sur le SMIC et révisés chaque année. Pour valider 4 trimestres en 2026, il faut réaliser un CA annuel compris, selon l’activité, entre environ 10 776 € et 24 579 €.
Caisse de rattachement
- Activités commerciales, artisanales et libérales non réglementées : retraite gérée par l’Assurance Retraite (régime général des indépendants, SSI).
- Professions libérales réglementées : retraite gérée par la CIPAV.
Votre relevé de carrière est consultable sur info-retraite.fr — vérifiez-le régulièrement pour repérer d’éventuels trimestres manquants.
8. Votre assurance maladie et votre prévoyance
En tant qu’auto-entrepreneur, vous bénéficiez de la même prise en charge des soins qu’un salarié (remboursement des consultations, médicaments, hospitalisation). En revanche, le régime des indemnités journalières est plus restrictif.
Les indemnités journalières (IJ) en cas d’arrêt maladie
- Délai de carence : 3 jours. Les IJ ne sont versées qu’à partir du 4e jour d’arrêt.
- Conditions d’ouverture : avoir cotisé suffisamment — en pratique, justifier d’au moins 1 an d’affiliation et d’un revenu annuel moyen minimal.
- Calcul : l’IJ est calculée sur le revenu annuel moyen des dernières années (CA après abattement forfaitaire), et plafonnée.
- Plafonnement : depuis le 1er avril 2025, les IJ maladie sont plafonnées à 1,4 SMIC.
Maternité, paternité, adoption
Vous bénéficiez d’indemnités journalières maternité/paternité ainsi que d’une allocation forfaitaire de repos maternel, sous condition d’au moins 6 mois d’affiliation. Les montants dépendent de votre revenu et restent forfaitaires.
Ce que les cotisations ne couvrent pas
- L’assurance chômage : les auto-entrepreneurs ne cotisent pas au chômage et n’y ont pas droit (sauf l’ATI, allocation des travailleurs indépendants, sous conditions strictes).
- Les accidents du travail : pas de couverture automatique spécifique. Une assurance volontaire est recommandée pour les métiers à risque.
9. L’impôt sur le revenu : versement libératoire ou barème
Vous avez deux façons d’être imposé sur les revenus de votre auto-entreprise. Le choix peut représenter plusieurs centaines d’euros d’écart.
Option 1 — Le barème progressif (par défaut)
Votre CA est réduit d’un abattement forfaitaire représentatif de vos charges, puis le résultat est soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu, avec vos autres revenus du foyer.
| Activité | Abattement forfaitaire |
|---|---|
| Vente de marchandises | 71 % |
| Prestations de services (BIC) | 50 % |
| Professions libérales (BNC) | 34 % |
Abattement minimum de 305 €. L’abattement représente forfaitairement vos charges : vous êtes imposé sur le CA restant après abattement.
Option 2 — Le versement libératoire (VFL)
Sous condition de revenu fiscal de référence, vous pouvez opter pour le versement libératoire (art. 151-0 du CGI) : vous payez l’IR en même temps que vos cotisations, à un taux fixe sur votre CA :
| Activité | Taux du versement libératoire |
|---|---|
| Vente de marchandises | 1 % |
| Prestations de services (BIC) | 1,7 % |
| Professions libérales (BNC) | 2,2 % |
Pierre, graphiste (BNC), célibataire sans autre revenu, réalise 30 000 € de CA. Comparons les deux options :
Ici, le VFL est plus avantageux. Mais ce n’est pas toujours le cas (voir ci-dessous). Le résultat du barème dépend du barème 2026 et de l’ensemble des revenus du foyer.
Les autres cotisations à ne pas oublier
- La CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) : due à partir de la 2e année, de 200 à plus de 2 000 € selon la commune. Exonérée si le CA annuel est inférieur à 5 000 €.
- La CFP (Contribution à la Formation Professionnelle) : 0,1 % du CA pour la vente, 0,2 % pour les libéraux, 0,3 % pour les artisans. Elle ouvre des droits à la formation (compte CPF).
10. La comptabilité minimale
L’un des grands avantages du statut : une comptabilité allégée. Vous n’avez pas besoin d’un expert-comptable ni d’établir un bilan. Vos obligations réelles :
- Un livre des recettes : enregistrement chronologique de tous vos encaissements (date, client, montant, mode de règlement).
- Un registre des achats : uniquement pour les activités de vente de marchandises et d’hébergement/restauration.
- Un compte bancaire dédié : obligatoire seulement si votre CA dépasse 10 000 € par an pendant deux années consécutives. En dessous, un compte séparé reste fortement recommandé pour la clarté.
- La conservation de toutes vos factures (émises et reçues) pendant 10 ans.
Facturer et tenir sa comptabilité sans y passer ses soirées
Livre des recettes, factures conformes, déclarations URSSAF : ces obligations peuvent être largement automatisées. Indy propose une facturation électronique gratuite, conforme aux obligations à venir. Sur les offres payantes, le premier mois est offert, sans engagement.
Liens partenaires. Portalis perçoit une rémunération si vous souscrivez, sans surcoût pour vous. Cette mention n’affecte pas le contenu de ce guide : d’autres solutions existent et peuvent mieux convenir à votre situation.
11. Quand et pourquoi passer en société ?
Le statut auto-entrepreneur est idéal pour démarrer, tester une activité et générer des revenus. Mais il montre ses limites quand l’activité se développe. Plusieurs signaux doivent vous alerter :
- Vous approchez les plafonds de CA (203 100 € ou 83 600 €) : la sortie du régime micro se prépare.
- Vos charges réelles deviennent importantes : en micro, vous ne les déduisez pas. Au-delà d’un certain niveau, le régime réel devient plus avantageux.
- Vous voulez protéger votre patrimoine ou vous associer : la société (SASU, EURL) offre une responsabilité limitée et permet d’accueillir des associés.
- Vous souhaitez optimiser votre rémunération : l’arbitrage salaire/dividendes en société peut réduire votre pression fiscale et sociale.
12. Les erreurs fréquentes à éviter
- Oublier de déclarer un CA nul : la déclaration est obligatoire même à 0 €, sous peine de pénalité.
- Confondre CA encaissé et CA facturé : vous déclarez ce que vous avez reçu, pas ce que vous avez facturé.
- Négliger la TVA en approchant les seuils : le basculement peut être brutal et rétroactif au mois de dépassement.
- Oublier la CFE : elle tombe en décembre de la 2e année et surprend beaucoup de débutants.
- Choisir le versement libératoire sans calcul : il n’est avantageux que si vous êtes imposable.
- Sous-estimer la faiblesse de la couverture sociale : anticipez une prévoyance si l’activité devient votre revenu principal.
FAQ — Auto-entrepreneur 2026
Dois-je déclarer mon CA même si je n’ai rien gagné ?
Quelle est la différence entre auto-entrepreneur et micro-entrepreneur ?
Vais-je payer la TVA ?
Ma retraite est-elle bonne en auto-entreprise ?
Suis-je couvert en cas d’arrêt maladie ?
Quand dois-je passer en société ?
Lancez-vous sereinement avec Portalis
Le statut auto-entrepreneur est simple à gérer, mais certains documents juridiques (CGV, contrats de vente, mentions légales) méritent d’être rédigés avec soin pour vous protéger. Et le jour où votre activité grandit, le passage en société se prépare.