Créer une société en France : guide complet 2026 | Portalis
Guide juridique

Créer une société en France : guide complet 2026

Capital social, personnalité morale, choix de la forme juridique : comprendre chaque décision structurante avant de se lancer, avec les conséquences réelles sur votre patrimoine, votre fiscalité et votre protection sociale.

Lecture ~15 min Par un juriste À jour juin 2026

Créer une société est une démarche structurante qui engage l’entrepreneur sur le plan juridique, fiscal et social. Si les outils en ligne ont simplifié certaines formalités, la création d’une société reste un acte juridique qui nécessite de comprendre chaque étape avant de se lancer.

Au-delà des formalités administratives, le choix d’une forme juridique a des conséquences concrètes sur la protection du patrimoine personnel du dirigeant, la fiscalité des bénéfices et la capacité à faire évoluer la structure dans le temps. Ce guide présente les fondamentaux du droit des sociétés tel qu’il est pratiqué : capital, responsabilité, gouvernance et choix de la forme sociale. Ces aspects font l’objet d’un accompagnement dédié chez Portalis.

1. Capital social et personnalité morale : ce qu’il faut retenir avant tout

Qu’est-ce que le capital social ?

Le capital social représente les apports réalisés par les associés lors de la création de la société — en numéraire (argent), en nature (matériel, brevet, fonds de commerce, actions d’une autre société) ou en industrie (expertise propre à un associé, sous conditions). Il constitue la ressource initiale de la société pour financer son démarrage.

Point clé En cas de liquidation judiciaire, le capital social est remboursé en dernier, après désintéressement de l’ensemble des créanciers (fournisseurs, banques, salariés, administration fiscale et sociale). C’est une ressource permanente, non exigible, qui absorbe les pertes avant tout le monde. Un capital élevé rassure vos partenaires commerciaux et bancaires ; un capital symbolique (1 €) peut être perçu négativement, même s’il est légalement autorisé.

La personnalité morale et la protection du patrimoine personnel

Dès son immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés, votre société acquiert la personnalité morale. Elle devient juridiquement indépendante, distincte de vous : elle peut signer des contrats, posséder des biens, avoir des dettes et être poursuivie en justice en son nom propre.

Conséquence directe : votre patrimoine personnel est en principe protégé des dettes de la société. Si la société ne peut pas rembourser ses créanciers, ceux-ci ne peuvent pas, en règle générale, saisir vos biens personnels.

Les limites de la protection Cette protection tombe notamment lorsque : (i) vous avez signé une caution personnelle auprès d’une banque pour un prêt professionnel ; (ii) une faute de gestion séparable de vos fonctions de dirigeant vous est reprochée ; (iii) des manœuvres frauduleuses sont caractérisées. En pratique, la protection du patrimoine personnel ne doit pas être surestimée pour les dirigeants qui empruntent, et les montages permettant d’isoler certains biens sont souvent remis en cause.

2. Les deux grandes familles de sociétés

En contrepartie de votre apport, vous recevez des titres (actions ou parts sociales). Cette distinction sépare deux grandes familles de sociétés, aux conséquences très différentes, notamment en cas de cession.

CritèreSociétés à responsabilité limitée
(SARL, EURL, SCI)
Sociétés par actions
(SA, SAS, SASU)
Titres détenusParts socialesActions
Cession des titresEncadrée, agrément souvent requisLibre, sauf clause statutaire
Droits d’enregistrement à la cession3 % (après abattement de 23 000 €)
5 % si prépondérance immobilière
0,1 % du prix de cession
Entrée d’investisseursPlus rigideFacilitée
C’est en raison de cette fiscalité de cession très favorable (0,1 % contre 3 %) qu’en pratique il est quasi systématiquement demandé de transformer une société en société par actions avant de la vendre.

3. Les sociétés par actions : SAS et SASU

Qu’elle soit à associé unique (SASU) ou à plusieurs associés (SAS), la société par actions simplifiée est la forme la plus créée en France : en janvier 2026, 19 882 sociétés, soit 17,2 % des créations totales (source : BPI France).

Pour qui ?

L’entrepreneur souhaitant une grande liberté d’organisation : répartition des droits de vote, conditions d’entrée et de sortie des associés, modalités de rémunération en salaire et/ou dividendes. La SAS (ou SASU) est aussi la seule forme permettant de nommer une personne morale (une autre société) comme dirigeante — ce qui en fait une structure adaptée aux montages patrimoniaux et aux groupes de sociétés.

Tableau récapitulatif — SAS / SASU

CaractéristiqueSAS / SASU
Nombre d’associésSASU : 1 · SAS : 2 ou plus
Capital social minimum1 € (tous types d’apports admis)
Responsabilité des associésLimitée aux apports
DirigeantPrésident (peut être une personne morale)
Statut social du dirigeantAssimilé salarié (hors assurance chômage)
Coût des cotisations sociales~ 45 à 80 % de la rémunération brute
DividendesPFU 31,4 %, sans cotisations sociales supplémentaires
Cession d’actionsLibre (droits d’enregistrement 0,1 %)
Liberté statutaireTrès grande

Statut du dirigeant : le Président de SAS (ou SASU) est assimilé salarié. Il bénéficie d’une protection sociale quasi identique au régime général (maladie, retraite, prévoyance) mais ne cotise pas à l’assurance chômage et ne peut percevoir d’allocation de retour à l’emploi.

Coût des cotisations : pour 1 000 € de salaire net versé au Président, la société débourse souvent plus de 2 000 € (salaire brut + charges patronales). C’est plus élevé qu’un gérant majoritaire de SARL, mais la protection sociale est nettement supérieure.

Dividendes : soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 31,4 % (en juin 2026), sans cotisations sociales supplémentaires — un levier d’optimisation fréquemment utilisé.

Les références légales citées sont données à titre informatif et correspondent au droit en vigueur en juin 2026. Elles ne constituent pas un avis juridique. Pour toute situation spécifique, consultez un professionnel.

4. Les sociétés à responsabilité limitée : EURL et SARL

L’EURL — Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée

Pour qui ? L’entrepreneur solo préférant un régime de cotisations sociales moins élevé, au prix d’une protection sociale plus limitée.

Statut du dirigeant : le gérant associé unique est Travailleur Non-Salarié (TNS), rattaché à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI). Le régime de base est plus limité que celui du président de SAS, mais il permet de moduler sa protection sociale selon ses besoins, avec un coût variable selon les garanties choisies.

Point d’attention — les dividendes en EURL/SARL En EURL (ou SARL), la fraction des dividendes excédant 10 % du capital social majoré de la moyenne annuelle du compte courant d’associé est soumise aux cotisations sociales TNS — ce qui réduit l’intérêt de la distribution de dividendes par rapport à la SASU. Par ailleurs, l’EURL est par principe imposée à l’impôt sur le revenu : pour opter à l’impôt sur les sociétés, il faut le mentionner dans les statuts et le déclarer au SIE compétent.

Tableau comparatif — EURL vs SARL

CaractéristiqueEURLSARL
Nombre d’associés12 à 100
Capital minimum1 €1 €
ResponsabilitéLimitée aux apportsLimitée aux apports
DirigeantGérantGérant(s)
Statut social du gérantTNS (associé unique)Majoritaire : TNS
Minoritaire / égalitaire : assimilé salarié
Régime fiscal par défautImpôt sur le revenu (option IS possible)Impôt sur les sociétés (option IR sous conditions)
DividendesFraction > 10 % du capital + CCA soumise aux cotisations TNS
Cession de partsAgrément · droits d’enregistrement 3 % (abattement 23 000 €)
Liberté statutairePlus encadrée (règles d’ordre public)
En pratique — le paradoxe des cotisations TNS Les cotisations TNS sont dégressives : plus la rémunération est élevée, plus le taux marginal baisse. Un gérant qui se rémunère peu paie proportionnellement plus qu’un gérant fortement rémunéré. C’est pour cette raison que l’EURL est souvent associée à une SAS d’exploitation dans les montages de groupe : la SAS exerce l’activité et nomme l’EURL comme présidente, cumulant la liberté statutaire de la SAS et le régime TNS de l’EURL, tout en optimisant la remontée de trésorerie via des conventions intra-groupe. Ce montage fait l’objet d’un accompagnement dédié chez Portalis.
Un point souvent méconnu — le régime matrimonial Si le gérant associé unique est marié sous le régime de la communauté (légale ou universelle), l’accord du conjoint est obligatoire pour apporter des biens communs au capital de l’EURL ou de la SARL. Cet accord doit être formalisé par écrit et annexé aux statuts (art. 1832-2 du Code civil). Le régime matrimonial a une incidence directe sur la constitution du capital et la protection du patrimoine familial. Cette problématique ne se pose pas dans les mêmes termes pour la SAS/SASU, où le président n’est engagé qu’à hauteur de ses apports.

Les taux de cotisations TNS sont donnés à titre indicatif : ils varient selon le niveau de rémunération et le régime fiscal retenu. Leur caractère dégressif rend la simulation indispensable avant tout choix. Pour une analyse adaptée, rapprochez-vous d’un expert-comptable.

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Une société doit disposer d’un compte bancaire distinct du compte personnel du dirigeant. Indy propose un compte professionnel gratuit, adossé à un IBAN français.

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  • Virements SEPA et prélèvements bancaires

Liens partenaires. Portalis perçoit une rémunération si vous souscrivez, sans surcoût pour vous. D’autres établissements existent : comparez selon vos besoins (dépôt de capital, encaissement, financement). Les formalités réalisées via un tiers ne dispensent pas des frais officiels (greffe, annonce légale).

5. SAS ou SARL : comment choisir ?

Il n’existe pas de forme juridique universellement meilleure : chacune présente ses avantages et ses contraintes selon le projet.

  • Pour une activité familiale ou un secteur réglementé, la SARL est souvent plus adaptée : son cadre légal strict et sa jurisprudence bien établie offrent une sécurité éprouvée, au prix d’une liberté statutaire réduite.
  • Pour un projet nécessitant des levées de fonds, l’entrée d’investisseurs ou une gouvernance souple, la SAS est nettement plus pertinente. Sa souplesse permet d’aménager librement les conditions d’entrée et de sortie des associés, la répartition des pouvoirs et les modalités de décision.

Le bon choix dépend de votre situation : nature de l’activité, nombre d’associés, perspectives de croissance et besoins de financement. En cas de doute, un accompagnement dédié permet d’arbitrer selon vos objectifs réels. Découvrez nos simulateurs →

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Du choix de la forme juridique à l’obtention du Kbis, nous rédigeons vos statuts et vous accompagnons dans toutes les formalités — y compris les montages de groupe et les structures combinées.

À propos de l’auteur. Guide rédigé par Portalis — juriste spécialisé en droit des affaires et accompagnement des entrepreneurs. Portalis propose des services de rédaction documentaire et d’accompagnement aux formalités pour les indépendants, freelances et fondateurs d’entreprises. Portalis n’est pas un cabinet d’avocat et ne fournit aucune consultation juridique personnalisée.
Site web : portal-is.fr · Dernière mise à jour : juin 2026.
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